Les conférences, appelées aussi cercles, trouvent leurs applications  dans toute réunion qui se veut bienveillante : des cercles restaurateurs, des groupes de pratique CNVdans les écoles, dans certaines réunions politiques ou de thérapie… Comment animer une telle conférence ? Favorisez-vous la communication ? Ou voulez-vous trouver une solution à tout prix ?  Ou vous ne vous voulez pas prendre votre place de facilitateur et ne proposez rien ?

Voici quelques idées clés, provenant de mon expérience et d’un livre que je vous recommande chaudement  “Just Schools”.

Un cercle d’expression et de sécurité

A quelles conditions acceptez-vous d’assister à une conférence ? Le besoin de sécurité est essentiel. Pour moi, de me sentir en sécurité émotionnelle, de me sentir libre et de pouvoir m’exprimer en toute… sécurité. Voici quelques besoins déclinés.

  • Sécurité. L’animateur a le droit d’interrompre le beau parleur, surtout s’il juge autrui.
  • Expression. Vous pouvez prévoir un bâton de parole.
  • Liberté. Dans certains cas, les personnes peuvent “voter avec les pieds”. Ils peuvent partir quand ils le veulent.
  • Clarté de l’objectif. Gregg Kendrick propose cette formulation en lieu et place d’efficacité. D’où l’intérêt de fixer un cadre et de définir l’objectif.

Où chacun a sa place

Le facilitateur est au même niveau que les participants, pas d’estrade ni de “bout de table”. Le cercle est la formation la plus simple. Il peut demander dans une première ronde les besoins de chaque participant, ceux qu’ils veulent voir couverts pendant la conférence.

J’ai aussi privilégié la prise de parole quand un événement, comme un conflit, rend le cercle un peu électrique. Cela permet de rester dans l’instant présent, si personne n’a d’objection.

Où l’animateur partage le pouvoir

Il partage son pouvoir… et sa responsabilité. Comment ?

  • En définissant l’objectif commun de la conférence, il implique les participants, au risque de passer beaucoup de temps à le définir.
  • En reformulant, s’il le désire, certaines interventions en s’efforçant d’aller dans le besoin personnel.
  • Il peut aussi expliciter ses sentiments et ses besoins quand une personne ne respecte pas une règle. Il s’appuie ainsi sur les autres personnes.

Si vous êtes animateur et qu’une question vous chiffonne, proposez-la au cercle.

Dans certains cercles, les participants ont des gestes pour :

  • Demander la parole.
  • Interrompre le parleur.
  • Demander le silence.
  • Émettre une proposition.
  • Bloquer une proposition.
  • Signaler quand on est d’accord.
Les indignés ont développé certains signes que vous pouvez voir sur cette vidéo.

Quel est l’objectif de la conférence ?

Cette étape est indispensable. L‘objectif commun clarifier l’intérêt de la réunion, de la conférence. Est-ce d’avoir le retour de chacun sur un événement, de récolter des avis sur un thème particulier (comment chacun vit la violence à l’école ?) ou de prendre une décision (choisir des thèmes à traiter, comment prendre une décision…).

Personnellement, je n’assiste plus à des conférences dans lesquelles l’objectif n’est pas défini ou ne va pas être défini par un ordre du jour discutable.

Et quelles sont les règles ?

Voici quelques règles. Vous pouvez développer les vôtres.

  • Parler de soi : chacun privilégie le “Je” sur le “on”.
  • Parler ou non ? Dans certains groupes, la personne qui veut rester silencieuse a droit a son temps de… non-parole.
  • En continu ou en “Pop corn” ? La parole fait le tour ou va d’intervenant en intervenant. Je préfère le continu, cela permet de gagner du temps et de respecter le temps de chacun. Les étapes de la prise de décision par consensus de la sociocratie respectent ce principe.
Restez conscient que vous pouvez pondre vos propres règles et qu’elles peuvent évoluer. En particulier celles de la prise de décision. En consensus ? En donnant des notes ?

Amusez-vous et progressez

Voici quelques conseils supplémentaires

  • Amusez-vous, prévoyez des jeux d’expression. Surtout au début pour réchauffez les corps et l’atmosphère. A 2 vous favorisez l’intimité, en groupe, vous favoriser le partage.
  • Profitez-en pour apprendre. J’ai ainsi pu voir l’importance de la dynamique triangle “victime, persécuteur et sauveur”.
  • Faites un “retour” dans la ronde finale. Faites le point sur ce qui fonctionne et qui ne fonctionne pas. Favoriser le raisonnement en méta sans que cela n’interrompe le processus de la conférence.

Et soyez très patient. Demandez de l’aide aux participants si nécessaire. Osez !!!

Pour aller plus loin….

Quelques livres en anglais

Assistez à un séminaire de gouvernance dynamique… Je vous recommande celui de Gregg.