Avoir de la compassion pour le persécuteur

Dans le triangle dramatique de Karpmann, les joueurs sont victimes, persécuteurs et sauveurs. Comment se sentir bien en leur présence et comment les aider au mieux ? Voici un sauveur typique, prêt à jouer de son épée pour défendre la veuve et l’orphelin au pays de Don Quichotte. sauveur2Voici un article faisant le point sur leurs besoins insatisfaits et des pistes pour aider autrui à les contacter.

Tous nos actes et nos émotions proviennent de besoins insatisfaits

Tel est le credo de la CNV de Marshall Rosenberg : nos émotions et nos comportements viennent de besoins insatisfaits. Les demandes sont faites pour satisfaire des besoins… Malheureusement, nos joueurs n’expriment pas des demandes bien claires.

Les besoins d’une triste victime

Une victime professionnelle n’ose pas demander de l’aide. Elle a peur d’avoir une réponse négative et de ne plus appartenir. Sa tristesse vient souvent de ce besoin d’appartenance insatisfait. Comme le dit Bert Hellinger :

Dans le malheur, on a de la compagnie.

La victime ne prend pas donc la responsabilité de son besoin et ne demande pas d’aide.

Les besoins d’un persécuteur en colère

Le sentiment caché est souvent de la souffrance et le persécuteur recherche inconsciemment de l’amour. Dans sa vie, il a appris à collectionner les froids piquants et ignore que les chaudsdoudous existent. Il collectionne donc des « timbres de reconnaissance ».

Quand une personne en colère vous reproche un acte ou une parole, elle monte dans sa tête et sa colère provient souvent d’une pensée du genre « tu n’as pas le droit de ». Pour les thérapies cognitives, les sentiments proviennent des pensées. De les mettre à jour permet de baisser la tension interne. Malheureusement, en étant en colère, le persécuteur empêche la connexion de se faire et met la personne en face sur la défensive si son coeur de girafe n’est pas développé.

Les besoins d’un sauveur qui a peur

Le sauveur a peur de ne pouvoir être en paix quand quelqu’un va mal. Son besoin de contribuer masque souvent un manque d’amour pour lui-même. Il pense qu’en aidant autrui, il s’aimera plus. Sa réaction est un mélange de colère envers le persécuteur et de la tristesse envers la victime. Et, surtout il ne respecte pas l’équilibre entre donner et recevoir et ne demande pas à autrui s’il accepte d’être aidé. En réalité, le sauveur n’accepte pas le destin d’autrui. Comme le dit Bert Hellinger :

Si vous vous faites du souci pour vos enfants, vous voulez les tuer.

 Voici quelques pistes de réponses à ces personnes qui ont beaucoup de mal à demander calmement.

Que faire face à un joueur professionnel ?

Tout d’abord, « enjoy the pain » comme le dit Marshall Rosenberg, célébrez vos besoins de légèreté et d’équilibre, manière de vous donner de l’auto-empathie. Ensuite seulement, aidez votre interlocuteur à contacter ses beaux besoins inexprimés.

Célébrer ses besoins de légèreté et d’équilibre

Vous avez vu ces besoins lors d’articles précédents :

  • Le besoin de légèreté est essentiel quand une personne souffre ou veut inconsciemment mourir. Nous pouvons le rapprocher de la spiritualité pratique de Marshall Rosenberg.
  • Le besoin d’équilibre est nécessaire quand la différence d’énergie est notable, ce qui est le cas avec la victime et le persécuteur. Dans le cas du sauveur, c’est plus ambigu car ses sentiments sont mélangés.

Une fois que vous êtes super connecté à la vie en vous et à autrui, passons aux stratégies.

Aider autrui à contacter son besoin

Passons par le plus difficile émotionnellement, l’homme en colère…

1. Proposer de l’empathie au persécuteur

Comme il souffre et a besoin d’amour, vous pouvez lui répondre :

Tu as vraiment besoin d’amour ?

Je sais que c’est difficile, mais regardez aussi cette vidéo en anglais ou une noire demande à des racistes allemands leur vision de la vie. Osez embrasser le dragon, comme le dit Bert Hellinger

2. Proposer de l’autonomie à la victime

La victime nie son autonomie, elle pense que la solution viendra de vous sans qu’elle ait à le demander. Vous pouvez tenter cette proposition :

Tu es un peu en colère de ne pas pouvoir agir comme tu le voudrais ?

Le « un peu » est indispensable ;sinon, elle vous dira « non » tout de suite.

3. Proposer l’amour de soi au sauveur

Le sauveur se sent responsable d’autrui et pense que son salut viendra de là.

Tu as peur qu’Untel se sente mal ? C’est vraiment important pour toi de l’aider pour que tu te sentes en paix ?

 

Si c’est vous qu’elle veut sauver, c’est plus facile. Je vais chercher d’autres réponses dans mon prochain groupe de pratique.

Clarifier la demande éventuelle

Dans tous les cas, clarifiez la demande d’aide. Vous pouvez toujours demander :

Tu as envie de me demander quelque chose ?

Que ce soit avec la victime, le persécuteur ou le sauveur, vous reprendrez ainsi de la distance et apporterez de la réflexion dans le propos…. Et si vous n’avez pas de réponse, vous pouvez toujours satisfaire vos beaux besoins de légèreté et d’équilibre en vous éloignant, en refusant le jeu.

Pour aller plus loin

Un livre et deux autres articles

Si vous avez des remarques, laissez-moi un commentaire.

5 réflexions au sujet de « Avoir de la compassion pour le persécuteur »

  1. Bien qu’on puisse offrir des solutions aux problèmes, il faut qu’il y ait une demande. Sans demande, point d’acception. Sans la dernière, pas de solution.

    Le persécuteur n’existe pas sans la victime. Ni la victime sans le persécuteur. Le sauveur, est le pire des trois. Il a besoin des deux à la fois.

    Sauveur + victime devient persécuteur.
    Sauveur + persécuteur devient persécuteur du persécuteur qui à son tour devient victime.

    Il y a un « mais » dans tout ceci. Comment sait-on qu’on est victime si on ne connait pas son persécuteur ?

    • Jules, il est question de position de vie et de niveau d’énergie. La Victime se plaint de son sort, le Persécuteur accuse autrui et le Sauveur n’est pas en paix quand quelqu’un va mal.

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