Le besoin d’intimité

Lors de notre dernier groupe de pratique, nous avons abordé et célébré notre besoin d’intimité.

coeur oeil de tigreQue signifie-t-il et dans quelles circonstances est-il rempli ? Voici tout d’abord le point de départ. Nous développerons ensuite le point de vue de deux auteurs de l’Analyse Transactionnelle pour qui ce besoin qui vient de l’enfance est essentiel.

La question de départ

Dans notre groupe, une personne était satisfaite de sa vie professionnelle, mais pas de sa vie amoureuse. Il aurait voulu partager ce qu’il vivait avec une autre personne. Comme il le précisait :

« Je n’ai plus d’attaches. J’ai toujours appartenu à un groupe. Je suis célibataire et mes parents vieillissent. Personne ne m’appelle pour me demander comment je vais ».

Nous lui avons alors proposé plusieurs besoins, ceux d’empathie, de connexion, d’appartenance et de partage. Celui qui l’a le plus touché était celui d’intimité auquel il a répondu ainsi :

Cultiver cette vie intérieure, être intime avec la vie et avec Dieu.

Donnons quelques définitions de ce besoin d’intimité avant de rechercher des stratégies pour le satisfaire.

Le besoin d’intimité

Détaillons ce qu’en dit le dictionnaire et l’Analyse Transactionnelle.

Selon le dictionnaire

Comme j’aime bien Alain Rey, voici sa définition d’intime et d’intimité :

Intime : emprunté au latin un stimulus, ce qui est le plus en deux temps, au fond, les superlatifs deux intérieurs. L’adjectif est d’abord employé pour qualifier une personne très unie, étroitement liée avec une autre ; s’applique ensuite à la vie intérieure, généralement secrète, d’une personne. Du premier sens vient ensuite l’emploi comme non pour ami très cher et du second la qualification de ce qu’il y a de plus profond, en particulier par rapport à Dieu, cet emploi est lui aussi substantivé.
On relève à partir de la fin du XVIIIe siècle l’application aux écrits autobiographiques, qui ne sont généralement pas destinées à la publication.
L’idée de domaine privé, secret de l’individu est repris à l’époque romantique pour qualifier ce qui est strictement personnel et généralement tenu caché aux autres, en particulier ce qui se manifeste par un contact charnel et aussi la proximité sentimentale.

Intimité : attesté chez Mme de Sévigné, a suivi la même évolution sémantique que l’adjectif, le mot désigne d’abord ce qui intérieur et secret puis le caractère étroit d’un lien et, spécialement une liaison, des relations étroites entre des personnes. S’appliquant à la vie privée, on relève la locution dans l’intimité et le sens est métonymique de « confort d’un endroit où l’on se sent isolé du monde extérieur ».

Ainsi, pour résumer, nous avons 3 significations : un lien étroit, plus ou moins charnel, avec autrui, notre vie intérieure et ce qui est caché. Approfondissons le thème de notre vie intérieure.

Selon l’analyse Transactionnelle

Pour l’AT, ce besoin fondamental est lié aux besoins d’amour, de contact physique et de reconnaissance.

  • Pour Eric Berne, l’inventeur de l’AT, l’intimité est liée à l’intimité physique vécue avec la mère. Puis, les personnes recherchent un compromis entre « l’intimité physique du modèle infantile et les forces sociales qui s’y opposent. » « Alors, le plus léger signe de reconnaissance fait l’affaire, bien que la soif originelle de contact physique puisse être demeurée entière ». Les personnes qui jouent un jeu psychologique, comme dans le triangle dramatique, ont pour objectif d’éviter l’intimité. « L’intimité, c’est la sincérité spontanée, débarrassée du jeu, d’un être conscient, la libération de l’enfant perceptif eidétiquement, non corrompu, lequel, en toute naïveté, vit dans l’ici et maintenant ».
  • Pour Claude Steiner, un de ses disciples auteur des chaudoudous, il existe 3 scénarios perdants : sans amour, sans joie et sans raison. Pour lui, l’intimité est donner et recevoir de l’amour.

Pour l’AT, il est important de se débarrasser des passe-temps et des jeux psychologiques pour retrouver son intimité réelle.

Comment le satisfaire ?

Dans notre groupe, nous avons suggéré à notre participant en mal d’intimité plusieurs stratégies pour satisfaire son besoin :

  • Tenir un journal intime
  • Tenir un journal de bienveillance
  • Méditer
  • Réfléchir à ce qui se passe en soi.

Avez-vous d’autres suggestions ?

En conclusion

Ce mot est polysémique, il possède plusieurs sens, comme beaucoup de besoins. L’intimité semble liée à cultiver sa vie intérieure, l’amour de soi, à entretenir une relation intime avec soi, avec un « Grandtout » universel qui vit à l’intérieur de soir. Comme le dit Wallace Stevens :

Dieu est en moi, sinon, il n’existerait pas.

Pour aller plus loin

Plusieurs livres qui m’ont inspiré :

Si vous avez des remarques, laissez-moi un commentaire.

Une réflexion au sujet de « Le besoin d’intimité »

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