L’analyse des besoins dans un couple est magnifique, cela va de la satisfaction matérielle du besoin d’ordre à la quête de sens avec la spiritualité, le bonheur de vivre une relation extraordinaire qui finira un jour.

Le besoin systémique de base est l’échange systémique et l’équilibre entre donner et recevoir. Un autre besoin important est le respect mutuel. Enfin, un besoin d’honorer son sexe, virilité ou féminité, d’être accepté comme homme ou comme femme est primordial. Les demandes répétées de douceur d’une femme à un homme ou d’action d’un homme vers une femme ont de fortes chances d’être contreproductives. Mesdames, acceptez que votre mari soit « carré et structuré » et messieurs, acceptez que votre femme soit « ronde et non structurée ».

Déclinons quelques besoins essentiels :

Paix et tranquillité, résolution des conflits et clarté de l’objectif

Comment rester connecté sans se sentir tranquille et en paix ? Impossible. Privilégiez votre paix intérieure. Si vous ne vous sentez pas en paix avec certains comportements de votre conjoint, faites preuve d’honnêteté même si cela vous dérange. « Quand tu roules à plus de 50 km/heure en ville, je ne me sens pas en sécurité et en paix » « Quand tu fais des remarques sur ma conduite à autrui, je ne me sens pas en paix », « quand tu parles de ton travail en critiquant tes collègues, je ne me sens pas en paix ». « Quand tu as bu 3 verres de vin, je ne me sens pas en paix » « Quand je sors plus de 3 fois par semaine, je ne me sens pas en paix ».

La résolution des conflits participe à ce besoin de paix. Et il est important d’avoir la clarté de l’objectif en tête. Êtes-vous en conflit pour le plaisir, pour apaiser une tension interne, pour vous sentir en vie ? Êtes-vous OK pour trouver une solution… et l’appliquer ?

Autonomie ou liberté

Autonomie. Autonome est emprunté au grec autonomos, qui est régi par ses propres lois. Autonomie a ensuite pris le sens de liberté, d’indépendance. Ce besoin est essentiel chez tout être, il conditionne les autres.

Equilibre et échange

Ce besoin préserve le capital d’amour de base. Il est indispensable et son application varie selon les couples. Cette question survient souvent dans le partage des tâches. Qui travaille ? Qui s’occupe des enfants ? Du dîner, de la vaisselle, du jardin ? Ce compte d’apothicaire est le garant de votre santé familiale.

Que comptez-vous dans l’échange ? L’argent ? Le temps passé au service de l’autre ou de la communauté ? Si l’un donne plus que l’autre, ce dernier risque de partir… Si vous avez l’impression de donner « trop », donnez moins et observez la réaction de votre partenaire. Demande-t-il ou se met-il en colère ? Dans le dernier cas, la relation n’est pas équilibrée et ne pourra durer.

Valoriser virilité et féminité

Ce besoin que vous ne trouverez nul part ailleurs est apparu lors de communication de couple. L’homme a envie que sa virilité soit valorisée, de se sentir protecteur et respecté. De même, la femme a besoin que sa féminité soit honorée. Cela passe, par l’acceptation des beaux-parents et la reconnaissance que le système actuel a la préséance sur ceux d’origine. Il arrive trop souvent que la femme veuille changer l’homme qui n’a pas envie et que l’homme veuille que sa femme ne change pas, ce qu’elle ne fait pas…

La femme peut avantageusement utiliser sa douceur féminine au lieu de la chercher chez l’homme. Elle peut, par exemple, toucher son conjoint en colère et lui dire « Mon chéri, tu es vraiment en colère ? » ou se laisser aller à son instinct maternel « Cela te ferait plaisir que je te serre dans mes bras ? » pour rassurer un conjoint qui ne se sent plus en sécurité.

Affection et sécurité émotionnelle

« Je reste, même si tu es triste ou en colère » est la parole essentielle du couple. Vouloir rester libre et être en couple est incompatible. Voici ce que dit B. Hellinger du mariage :

Se marier signifie se séparer de son enfance. Une relation de couple sans mariage est une continuation de sa jeunesse. Quand un couple vit longtemps et ne se marie pas, chacun dit à l’autre : je cherche quelque chose de mieux. C’est une blessure permanente.

C’est pourquoi la sécurité affective est importante. Pouvoir être soi dans l’échange sans avoir peur des réactions ou de la fuite de l’autre. « Nous le portons ensemble » est une phrase clé d’un couple qui s’assume.

Contribuer au bien-être de son conjoint et autonomie

Un homme fort prend soin de sa femme… si elle en a envie. La relation est une relation adulte qui se passe de la transmission de pensée. Il est préférable de demander avant de rendre service et même d’offrir des cadeaux. Si votre conjoint refuse le cadeau que vous voulez lui faire, il montre son besoin d’autonomie. Respectez-le.

Communication et respect mutuel

Quand le couple va mal, c’est d’abord un problème de communication. La cause peut être systémique, mais la communication permet la connexion, le contact entre êtres humains, responsables de leurs propres émotions et de leur demande. Faire préciser ce que chacun pense de la communication. Est-ce de l’empathie ? Est-ce de parler des enfants ou des vacances ? Est-ce de passer un moment ensemble sans se parler ? De ressentir un contact d’âme à âme. Je pense que la parole est préférable.

Le respect mutuel entraîne la reformulation des besoins de l’autre. Je vois que tu existes et j’en tiens compte.

Célébration de la vie, sens ou spiritualité

Comment cheminer ensemble, vivre des projets communs ? Cette question est souvent soulevée par les 2 membres du couple, en attente d’avoir une vie commune plus intense. Cela passe par la communication, par se connecter à ce qui est vivant en chacun. L’amour du 2e regard est l’amour de ce qui conduit son conjoint. Si l’un des deux est passionné par la musique, le théâtre, les voyages… l’aimer signifie aussi aimer sa passion et son chemin. Si c’est trop difficile pour vous, envisager la séparation. Cela devient obligatoire quand la passion est destructrice, à moins que ne vouliez voir sa mort et jouer à Roméo et Juliette. Vous pouvez aimer quelqu’un mais ne pas aimer qu’il fume, qu’il boive, se drogue ou fasse une tentative de suicide.

L’amour de la vie est primordial. Sentez si votre partenaire a envie de vivre ou de mourir. Vous pouvez le noter par la fréquence de ses négations, de ses « non » ou de ses « oui, mais ». Vous pouvez lui faire remarquer ou lui poser une question négative « tu n’as pas envie de vivre ? »

Sinon, prenez toute occasion de célébrer la vie et le courage que vous avez de vivre ensemble.

Ordre et sécurité

Ce thème revient régulièrement dans la vie familiale. Qui a la notion d’ordre la plus sensible ? « Je ne supporte pas que ses ou mes chaussettes soient sur le tapis, que la lunette des toilettes soit levée, des tâches de la baignoire… ». Celui qui est dérangé par le « désordre » est responsable de sa réaction. Il est donc responsable de son besoin, même s’il est dérangé par le « désordre » d’autrui. Il lui incombe d’aider son conjoint à remplir son besoin.

Authenticité et spontanéité

Etre authentique signifie pouvoir dire ce qui est vivant en soi en toute sécurité. Si quelqu’un vous demande « ça va ? » osez-vous répondre « Je suis perdu et j’aimerais de l’empathie » ? Osez dire ce qui est vivant en soi.

Distinguez « authenticité personnelle » et « spontanéité ». C’est souvent ce que rétorque une personne à qui vous demandez de réfléchir avant de parler, de trouver des noms d’oiseaux malveillants qui vous concernent « tu es calculateur, pervers, peu généreux… » Indiquez-lui le niveau de votre vase et le moment où une goutte supplémentaire fait verser des larmes. Si la personne persiste car elle ne s’en aperçoit pas, perdue dans ses pensées internes blâmant et jugeant autrui, indiquez-lui votre niveau. « Quand tu me dis que je suis un imbécile, je suis triste car j’aimerais être en paix et vivre dans une ambiance de respect mutuel ». Si la personne vous aime, elle fera un geste en compensation, écrire une lettre d’amour par exemple. Sinon, respectez-vous en vous retirant de la conversation.