J’ai assisté, lors du 10e festival de la CNV ayant eu lieu en Pologne, à une séance de cercle restaurateur qui m’a fortement dérangé. L’animateur revenait en permanence sur la souffrance d’un des protagonistes sans aller dans son besoin. J’ai voulu comprendre pourquoi…

Souffrance

Nous avons donc abordé le sujet dans notre groupe de pratique. Le résultat est inattendu et confirme le mot de Bert Hellinger :

Dans la souffrance, nous avons de la compagnie.

Aller dans la souffrance pour guérir ?

Lors ce ce cercle restaurateur, l’animateur insistait sur la sécurité à apporter aux 2 protagonistes. Comme il n’avait pas précisé le processus qu’il voulait suivre, je lui ai exprimé ma perturbation et mon besoin de clarté sur le processus. Sa remarque fut : “tu es perturbé ?” Ce à quoi j’ai répliqué que j’avais surtout besoin de clarté sur le processus… Sans réponse de sa part.

Au cours de la séance, il insistait sur la souffrance, appelant même à son secours les participants en posant la question suivante :

Y a-t-il des personnes qui souffrent aussi de se sentir seul ?

Plus tard, je lui demandais pourquoi il adoptait une telle stratégie. Pour lui, il était nécessaire d’aller dans la souffrance pour guérir.

Souffrance et appartenance

En jouant son rôle voici le dialogue fictif que j’ai eu avec B :

  • A: En amenant les personnes dans leur souffrance, je contribue à leur bien-être. Cela marche pour moi. Je me sens plus en communion avec les autres en partageant leur souffrance.
  • B: ta stratégie est donc de revenir dans la sensation désagréable pour te sentir appartenir au groupe.
  • A : oui, et je n’ai pas envie de changer de stratégie, sinon je me sentirai en danger.
  • B : tu as donc besoin de te rassurer, de te sentir en sécurité.
  • A: oui.

En jouant le rôle, le fait d’entendre le mot “stratégie” m’a fait comprendre que je me limitais et que je ne pouvais m’adapter à ce qui se passait entre les personnes. Mon besoin de sécurité personnel était très important et je n’en n’étais pas conscient.

Appartenance et sécurité

Ainsi, appartenir à un groupe permet de se sentir en sécurité. C’est le phénomène des moutons de Panurge. Ils courent à leur perte en imitant leurs congénères, croyant se sauver alors qu’ils meurent en groupe.

En conclusion, privilégiez non seulement votre sécurité émotionnelle dans tout cercle, qu’il soit restaurateur ou non, mais encore et surtout la clarté de l’objectif. L’animateur peut ne pas être conscient des limites de sa stratégie, privilégiant sa sécurité personnelle et non celle des participants.

Si vous avez des remarques, laissez-moi un commentaire.